Sommaire
- Qu’est-ce que la fauche tardive
- Comment gérer la fauche tardive
- Les avantages
- Quelle faux choisir
- Comment régler sa faux
- Comment affûter sa faux
- Les inconvénients
Qu’est-ce que la fauche tardive ?
La fauche tardive est un principe simple à comprendre : elle consiste à faucher les végétaux une fois leur cycle terminé. Les tiges sont donc sèches et durcies, leur taux de carbone est plus élevé que lorsque les herbes étaient encore vertes.
A ce stade, ces herbes ne sont plus bonnes pour le bétail et produisent un mauvais foin. En revanche, elles offrent une plus grande quantité de matière sèche pour nourrir le sol, produire du compost ou encore abriter certaines espèces d’insectes qui ont besoin de tiges creuses et sèches pour se reproduire.
La fauche tardive s’oppose à la fauche régulière. La fauche régulière permet de conserver un niveau d’herbes basses, ce qui est agréable autour des lieux de vie et de passage. Une herbe basse rassure notre système nerveux, car elle nous permet de plus facilement identifier les dangers (trous, serpents, objets contondants, coupants) mais aussi de réguler les populations d’acariens et insectes nuisibles comme les tiques, les aoûtats, les moustiques.
En revanche, de très grandes surfaces d’herbes coupées à ras deviennent peu rationnelles, et illustrent bien un symptôme de notre société de consommation : trouver une occupation inutile qui nous coûte du temps, de l’argent, et détruit la vie autour de nous.

Comment gérer la fauche tardive ?
Idéalement, la fauche tardive n’est pas réalisée d’un seul coup. L’idée est plutôt de faucher plusieurs fois dans l’année à différents endroits, de manière à conserver des microclimats et des ilots de biodiversité. Par exemple sur un terrain d’un hectare (10 000m²), on peut décider de faucher 5 fois 2000m² dans l’année, ce qui correspond à chaque fois à une petite journée de fauchage pour une personne débutante à la faux, moins pour une personne expérimentée.
Avec les risques d’incendies de plus en plus élevés, nous conseillons de garder l’herbe basse autour des lieux de vie, et faire en sorte de gérer son fauchage de manière que, l’Été, les herbes hautes restantes soient sur les parties les plus éloignées de l’habitat.
Quels sont les avantages de la fauche tardive ?
- Récolte de matière carbonée, qui offrira davantage de matière organique par sa décomposition
- Conservation de microclimats et d’îlots de biodiversité favorisant les insectes butineurs et les auxiliaires permettant de réguler les espèces envahissantes.
- Réduction du temps de travail :
- La tonte à ras nécessite un passage 1 fois par semaine ou tous les 15 jours entre le printemps et l’automne.La fauche régulière nécessite un passage tous les 2 à 4 semaines au printemps et à l’automne.La fauche pour le foin nécessite 2 à 3 passages par an.
- La fauche tardive nécessite une fauche par an, voire une fauche tous les deux ans.
- Permet de laisser de nouvelles espèces s’installer, notamment des ligneux qui pourront produire de l’ombre, du bois, des fruits.
- Maintient la richesse du sol par la décomposition d’un système racinaire plus avancé.
Quelle faux choisir pour la fauche tardive ?
Lorsqu’il s’agit de couper des herbes tendres, fines, les lames de faux fines sont plus agréables car plus confortables, plus légères. Avec une certaine pression de la lame contre le sol, les lames fines ont une élasticité qui leur permet de raser plus efficacement qu’une lame plus robuste.
Exemples de lames de faux fines : lame Falci modèle 100, 106, 128.
Les lames de faux robustes, adaptées à la fauche tardive, peuvent aussi avoir une lame relativement fine, mais leur côte et leur queue de fixation sont plus épaisses. Cette modification augmente la rigidité de la lame, son poids et sa résistance à la déformation. On obtient donc une lame avec plus d’inertie, qui oppose plus de résistance à des herbes costaudes que ne le feraient une lame fine.

Nous recommandons pour la fauche tardive les lames de faux Falci 151 (débutants) et 177 (confirmés).
Comment régler ma lame de faux pour la fauche tardive ?
Pour rappel il y a 2 réglages clés : la fermeture de la lame par rapport au manche, la hauteur de la lame par rapport au sol.
Hauteur de la lame par rapport au sol :
Lorsqu’on fauche des herbes tendres, la base des tiges est verte et oppose peu de résistance à la lame. On peut donc utiliser un réglage où la lame est réglée entre 5 et 10mm au-dessus du sol, en position de fauche. Voir le passage où j’explique ce réglage dans cette vidéo.
Lorsqu’on fauche des herbes hautes et sèches, la base des tiges oppose bien plus de résistance : l’effort est plus grand. Une astuce est donc de relever la hauteur du tranchant par rapport au sol, entre 10 et 20mm au-dessus du sol.
Fermeture de la lame par rapport au manche :
Plus votre lame est ouverte par rapport au manche, plus celle-ci fauchera une grande surface d’un coup. Sur une végétation très peu dense, c’est idéal !
En revanche, sur une végétation dense, sèche, la friction est augmentée et l’effort aussi. Je vous conseille donc de fermer votre angle de fauche jusqu’à trouver un point confortable. Voir le passage où j’explique ce réglage dans cette vidéo.
Comment affûter ma faux pour la fauche tardive ?
Pour rappel, l’affûtage est le fait d’affiner la lame de son outil pour lui donner un pouvoir de pénétration. L’aiguisage est le fait de polir le bout de la lame – le fil tranchant – pour lui donner un pouvoir d’incision. L’affilage est le fait de redresser le fil tranchant suite à des contraintes, des chocs, qui auraient déformés ce dernier.
Plus l’affûtage est fin, mieux vous fauchez une végétation fine. En contrepartie, votre fil tranchant sera plus fragile et donc inadapté à une végétation grossière.
Pour la fauche tardive, vous pouvez donc battre votre lame sans l’affiner outre mesure. Cela est possible avec la méthode traditionnelle :
Pour apprendre, voir cette vidéo

Vous pouvez aussi utiliser la méthode pour débutants, avec l’enclumette à douille :
- Enclumette à douille
- N’importe quel marteau entre 500 et 800g
Pour apprendre, voir cette vidéo

Mais la méthode la plus facile et la plus rapide est l’affûtage à la lime. Même si cette méthode peut être considérée comme un acte de piraterie, c’est celle que je recommande pour les personnes qui ne fauchent pas par passion et ne voient dans la faux qu’une méthode alternative à la débroussailleuse et au rotofil.
En effet, une faux est traditionnellement affûtée par martelage, car cela permet d’économiser la matière en l’étirant plutôt qu’en la supprimant. L’affûter à la lime donne un résultat tout à fait satisfaisant, mais réduira la durée de vie de la lame.
Méthode pirate :
Pour apprendre, voir cette vidéo

Pour l’aiguisage, je vous recommande de choisir des pierres grossières qui permettront de rapidement redonner un pouvoir d’incision à votre lame. Une pierre fine demande bien plus de temps pour remettre en état le fil d’une lame usée par des tiges mûres : certaines herbes peuvent avoir la base des tiges boueuse suite aux fortes pluies, peuvent être composées de silice, dont le pouvoir abrasif use l’aiguisage.
Aussi, les pierres grossières produisent une micro-dentition agressive sur le fil de votre lame, qui permettent de mieux « accrocher » les tiges sèches.
« Ok Thibaud mais c’est quoi l’intérêt d’utiliser des pierres fines dans ce cas ? »
Les pierres fines restent intéressantes pour la fauche régulière, car elles permettent de redresser et de redonner de l’incision au fil tranchant en enlevant très peu de matière : la lame coupera mieux plus longtemps.
Matériel d’aiguisage pour fauche tardive :
OU
A ce stade, vous êtes prêt(e) à faucher en ayant choisi :
Un manche, une lame, une lime, une pierre et un coffin
Vous pouvez retrouver tout ce matériel sur cette partie de notre site : sélection fauche tardive

Quels sont les inconvénients de la fauche tardive ?
La vie est toujours faite de contrepartie, et c’est ce qui la rend si intéressante lorsqu’on cherche à comprendre notre rôle sur Terre.
- Les pailles fauchées contiendront des graines, qui se retrouveront potentiellement dans le compost et au jardin si on les utilise pour pailler. Ce n’est pas très grave mais c’est à prendre en compte.
- Les pailles sèches augmentent les risques liés aux incendies
- La végétation est plus difficile à faucher après une tempête, si elle est entremêlée.
A propos du dernier inconvénient, il y a deux solutions pour gérer des herbes couchées/entremêlée :
Faucher dans le sens de la chute des tiges.
C’est le même principe que lorsqu’on fauche dans une forte pente où les herbes hautes penchent vers le bas de la pente : on commence à faucher en partant du haut vers le bas.
Ne pas faucher.
Si vous n’avez pas besoin de cette matière organique, que vous faites de la fauche tardive principalement par manque de temps, qu’il n’y a pas de risques d’incendies : ne culpabilisez pas. L’herbe couchée formera un tapis et une nouvelle herbe poussera à travers.
Les contreparties et conseils liés :
- Le sol sera enrichi par ce mulch naturel
- Lors de la prochaine fauche, vous faucherez au-dessus de ce tapis, sans chercher à pénétrer en dessous, ce qui serait énergivore
- Le travail à la fourche pour ramasser la fauche sera plus complexe à cause du tapis herbeux présent sous la fauche
- Attention aux espèces qui nichent au sol, qui ont pu profiter de cet enfrichement pour s’installer.
- Cela laissera plus de temps à des plantes coriaces pour s’installer, notamment les arbrisseaux (genêts, ronces,…) et les semis naturels ligneux.




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